1971

Un discours qui ne serait pas du semblant


L'ensemble de ce séminaire est traversé de références à la Chine et à la culture chinoise.

Voir sur ce site

        - le séminaire de Lacan

        - la conférence Lacan, le chinois, le profit



12/05/1971

Lituraterre (voir sur ce site la conférence dans sa globalité)


    Seule décisive est la condition littorale, et celle-là ne jouait qu’au retour d’être littéralement ce que le Japon de sa lettre m’avait sans doute fait ce petit peu trop qui est juste ce qu’il faut pour que je le ressente, puisque après tout j’avais déjà dit que c’est là ce dont sa langue s’affecte éminemment.

    Sans doute ce trop tient-il à ce que l’art en véhicule : j’en dirai le fait de ce que la peinture y démontre de son mariage à la lettre, très précisément sous la forme de la calligraphie.

Comment dire ce qui me fascine dans ces choses qui pendent, kakémono que ça se jaspine, pendent aux murs de tout musée en ces lieux, portant inscrits des caractères, chinois de formation, que je sais un peu, mais qui, si peu que je les sache, me permettent de mesurer ce qui s’en élide dans la cursive, où le singulier de la main écrase l’universel, soit proprement ce que je vous apprends ne valoir que du signifiant : je ne l’y retrouve plus mais c’est que je suis novice. Là au reste n’étant pas l’important, car même à ce que ce singulier appuie une forme plus ferme, et y ajoute la dimension, la demansion, ai-je déjà dit, la demansion du papeludun, celle dont s’évoque ce que j’instaure du sujet dans le Hun-En-Peluce, à ce qu’il meuble l’angoisse de l’Achose, soit ce que je connote du petit a ici fait objet d’être enjeu de quel pari qui se gagne avec de l’encre et du pinceau ?

    Tel invinciblement m’apparut, cette circonstance n’est pas rien : d’entre-les-nuages, le ruissellement, seule trace à apparaître, d’y opérer plus encore que d’en indiquer le relief en cette latitude, dans ce qui de la Sibérie fait plaine, plaine désolée d’aucune végétation que de reflets, lesquels poussent à l’ombre ce qui n’en miroite pas.

    Le ruissellement est bouquet du trait premier et de ce qui l’efface. Je l’ai dit : c’est de leur conjonction qu’il se fait sujet, mais de ce que s’y marquent deux temps. Il y faut donc que s’y distingue la rature.

    Rature d’aucune trace qui soit d’avant, c’est ce qui fait terre du littoral. Litura pure, c’est le littéral. La produire, c’est reproduire cette moitié sans paire dont le sujet subsiste. Tel est l’exploit de la calligraphie. Essayez de faire cette barre horizontale qui se trace de gauche à droite pour figurer d’un trait l’un unaire comme caractère, vous mettrez longtemps à trouver de quel appui elle s’attaque, de quel suspens elle s’arrête. À vrai dire, c’est sans espoir pour un occidenté.

Il y faut un train qui ne s’attrape qu’à se détacher de quoi que ce soit qui vous raye.

    Entre centre et absence, entre savoir et jouissance, il y a littoral qui ne vire au littéral qu’à ce que ce virage, vous puissiez le prendre le même à tout instant. C’est de ça seulement que vous pouvez vous tenir pour agent qui le soutienne.

    Ce qui se révèle de ma vision du ruissellement, à ce qu’y domine la rature, c’est qu’à se produire d’entre les nuages, elle se conjugue à sa source, que c’est bien aux nuées qu’Aristophane me hèle de trouver ce qu’il en est du signifiant : soit le semblant, par excellence, si c’est de sa rupture qu’en pleut, effet à ce qu’il s’en précipite, ce qui y était matière en suspension.

    Cette rupture qui dissout ce qui faisait forme, phénomène, météore, et dont j’ai dit que la science s’opère à en percer l’aspect, n’est-ce pas aussi que ce soit d’en congédier ce qui de cette rupture ferait jouissance à ce que le monde ou aussi bien l’immonde, y ait pulsion à figurer la vie.

Ce qui de jouissance s’évoque à ce que se rompe un semblant, voilà ce qui dans le réel se présente comme ravinement.

    C’est du même effet que l’écriture est dans le réel le ravinement du signifié, ce qui a plus du semblant en tant qu’il fait le signifiant. Elle ne décalque pas celui-ci, mais ses effets de langue, ce qui s’en forge par qui la parle. Elle n’y remonte qu’à y prendre nom, comme il arrive à ces effets parmi les choses que dénomme la batterie signifiante pour les avoir dénombrées.



6/01/1972

Le savoir du psychanalyste


    Il y a un poème de Paul Fort dans ce genre là : Si toutes les filles du monde ... - ça commence comme ça - se tenaient par la main etc ... elles pourraient faire le tour du monde ...». C'est une idée folle, parce qu'en réalité les filles du monde n'ont jamais songé à ça, mais les garçons par contre - il en parle aussi les garçons pour ça s'y entendent. Ils se tiennent tous par la main. Ils se tiennent tous par la main, d'autant plus que s'ils ne se tenaient pas par la main, il faudrait que chacun affronte la fille tout seul et ça, ils aiment pas. Il faut qu'ils se tiennent par la main. Les filles, c'est une autre affaire. Elles y sont entraînées dans le contexte de certains rites sociaux, confère «les danses et légendes de la Chine ancienne», ça c'est…, c'est chic, c'est même «Che King» - pas schoking - c'est «che long» ça été écrit par un nommé Granet, qui avait une espèce de génie qui n'a absolument rien à faire ni avec l'ethnologie - il était incontestablement ethnologue - ni avec la sinologie - il était incontestablement sinologue ....

    Alors le nommé Granet donc avançait que, dans la Chine antique, les filles et les garçons s'affrontaient à nombre égal, pourquoi ne pas le croire. Dans la pratique, dans ce que nous connaissons de nos jours, les garçons se mettent toujours un certain nombre, au delà de la dizaine, pour la raison que je vous ai exposée tout à l'heure, parce que, être tout seul, chacun à chacun en face de sa chacune, je vous l'ai expliqué : c'est trop plein de risques.

    Pour les filles, c'est autre chose. Comme nous ne sommes plus au temps du «Che King», elles se groupent deux par deux, elles font amie amie avec une amie jusqu'à ce qu'elles aient, bien entendu arraché un gars à son régiment. Oui, monsieur ! Quoi que vous en pensiez et même si superficiels que vous paraissent ces propos, ils sont fondés, fondés sur mon expérience d'analyste. Quand elles ont détourné un gars de son régiment, naturellement elles laissent tomber l'amie, qui d'ailleurs ne s'en débrouille pas plus mal pour autant.



27/01/1972

Préface à l'édition japonaise des Écrits


    Tout le monde n’a pas le bonheur de parler chinois dans sa langue, pour qu’elle en soit un dialecte, ni surtout, – point plus fort –, d’en avoir pris une écriture à sa langue si étrangère que ça y rende tangible à chaque instant la distance de la pensée, soit de l’inconscient, à la parole. Soit l’écart si scabreux à dégager dans les langues internationales, qui se sont trouvées pertinentes pour la psychanalyse.



3/02/1972

Le savoir du psychanalyste


    S'il y avait chez l'homme, ce que nous imaginons de façon purement gratuite qu'il y ait, une jouissance spécifiée de la polarité sexuelle, ça se saurait. Ça s'est peut être su, des âges entiers s'en sont vantés, et après tout - nous avons de nombreux témoignages - malheureusement purement ésotériques - qu'il y a eu des temps où on croyait vraiment savoir comment tenir ça. Il y a eu un Van Gennep dont le livre m'a paru excellent, qui pique par-ci, par-là - enfin, il fait comme tout le monde, il pique plus près de ce qu'il a de la tradition écrite chinoise - dont le sujet est le savoir sexuel, ce qui n'est pas très étendu, je vous assure, ni non plus très éclairé ! Mais enfin, regardez ça, si ça vous amuse : «La vie sexuelle dans la Chine ancienne». Je vous défie d'en tirer rien qui puisse vous servir dans ce que j'appelais, tout à l'heure, l'état actuel des pensées !

    L'intérêt de ce que je pointe, ce n'est pas de dire que depuis toujours les choses en sont de même que le point où nous en sommes venus. Il y a peut-être eu, il y a peut-être encore même quelque part, mais, c'est curieux, c'est toujours dans des endroits où il faut vraiment sérieusement montrer patte blanche pour entrer, des endroits où il se passe entre l'homme et la femme cette conjonction harmonieuse qui les ferait être au septième ciel, mais c'est tout de même très curieux qu'on n'en entende jamais parler que du dehors.

    […]

    Qu'il y ait un corrélat entre ça, comme je l'ai souligné, au début de ce discours, un corrélat entre ça et ce qui se fomente de la parole, nous ne pouvons rien en dire de plus. Que, au point où nous en sommes de l'état actuel des pensées - ça fait la sixième fois que je viens d'employer cette formule, il est bien clair que ça n'a pas l'air de tracasser personne, c'est pourtant bien quelque chose qui vaudrait qu'on y revienne parce que, l'état actuel des pensées, j'en fais un meuble, c'est pourtant vrai, hein ? C'est pas un idéalisme de dire que les pensées sont aussi strictement déterminées que le dernier gadget. En tout cas dans l'état actuel des pensées, on a le discours analytique qui, quand on veut bien l'entendre pour ce qu'il est, se montre lié à une curieuse adaption, parce qu'enfin, si c'est vrai, cette histoire de castration, ça veut dire que chez l'homme, la castration, c'est le moyen d'adaptation à la survie. C'est impensable, mais c'est vrai. Tout cela n'est peut-être qu'un artifice, un artefact de discours. Que ce discours, si savant à compléter les autres que ce discours se soutienne, c'est peut-être seulement une phase historique. La vie sexuelle de la Chine ancienne va peut-être refleurir, elle aura un certain nombre de jolies sales ruines à engloutir avant que ça se passe...



9/02/1972

…ou pire

                                   Sur le tableau , avant de commencer…

                                                                           

                                                                           

                                                                            

                                                                                 

                                                                                 



3/03/1972

Le savoir du psychanalyste


    Depuis toujours le rapport du à quelque chose qui en subirait l'empreinte passive, qu'on appelle diversement, mais assurément dont la dénomination grecque la plus usuelle est celle de la, depuis toujours le mode de la relation qui s'engendre de l'esprit a été considéré comme modelant non pas du tout simplement la relation animale, mais le mode fondamental d'être de ce qu'on tenait pour être le monde. Les chinois depuis longtemps font appel à deux essences fondamentales qui sont respectivement l'essence féminine qu'ils appellent le Yin pour l'opposer au Yang qu'il se trouve que j'ai écrit - par hasard sans doute - au-dessous.

    S'il y avait un rapport articulable sur le plan sexuel, s'il y avait un rapport articulable chez l'être parlant, devrait-il s'énoncer - c'est là la question - de tous ceux d'un même sexe à tous ceux de l'autre. C'est évidemment l'idée que nous suggère, au point où nous en sommes la référence à ce que j'ai appelé le modèle animal : aptitude de chacun d'un côté à valoir pour tous les autres de l'autre. Vous voyez donc que l'énoncé se promulgue selon la forme, la forme sémantique significative, de l'Universelle. A remplacer, dans ce que j'ai dit «chacun» par «quiconque» ou par «n'importe qui» - n'importe qui d'un de ces côtés - nous serions tout à fait dans l'ordre de ce que suggère ce qui s'appellerait - reconnaissez dans ce conditionnel quelque chose à quoi fait écho mon «Discours qui ne SERAIT pas du semblant» - eh, bien, à remplacer «chacun» par «quiconque», vous seriez bien dans cette indétermination de ce qu'il est choisi dans chaque «tous» pour répondre à tous les autres.

    […]

    Ici, je veux vous faire remarquer que très précisément ce que j'emprunte, à l'occasion, à l'inscription mathématique, en tant qu'elle se substitue aux premières formes, je ne dis pas formalisations, aux formes ébauchées par Aristote dans un style logistique, que donc cette inscription sous le terme fonction argument pourra, semble-t-il, nous offrir un terme aisé à spécifier l'opposition sexuelle. Qu'y faudrait-il ? Il y suffirait que les fonctions respectives du mâle et de la femelle se distinguassent très précisément comme le Yin et le Yang [yīn yáng 陰陽 S.阴阳]. C'est très précisément de ce que la fonction est unique, qu'il s'agit toujours de x, que s'engendre, comme vous le savez - comme il n'est pas possible, du seul fait que vous soyez ici, que vous n'en n'ayez pas au moins une petite idée - que s'engendre la difficulté et la complication.

    […]

    Mais il est une chose singulière que je retrouve par voie d'enquête, et parce que, d'une formation ancienne, je n'ignore pas tout à fait le chinois, j'ai demandé à un de mes chers amis de me rappeler ce qu'évidemment je n'ai gardé plus ou moins que comme trace et qu'il a fallu que je me fasse confirmer par quelqu'un dont c'est la langue maternelle, il est assurément très étrange que, dans le chinois, la dénomination du «tout homme» si je puis m'exprimer ainsi, qu'il s'agisse de l'articulation de dōu , que je ne vous écris pas au tableau parce que je suis fatigué, ou de l'articulation plus ancienne qui se dit quán enfin, si ça vous amuse, je vais quand même vous l'écrire.

    Est-ce que vous vous imaginez qu'on peut dire par exemple : « Tous les hommes bouffent», eh bien ça se dit měi gèrén dōu chī 每个人都吃. Měi insiste sur le fait qu'il est bien là, et si vous en doutiez, la numérale ge vous montre bien qu'on les compte. Mais ça ne les fait pas «tous», on ajoute donc dōu, ce qui veut dire «sans exception».

    Je pourrais vous citer, bien sûr, d'autres choses, je peux vous dire que «Tous les soldats ont péri», ils sont tous morts, en chinois, ça se dit : «Soldats sans exception caput».

    Le «tout» que nous voyons pour nous s'étaler de l'intérieur et ne trouver sa limite que dans l'inclusion, est pris dans des ensembles de plus en plus vastes. Dans la langue chinoise, on ne dit jamais měi ni dōu qu'en pensant la totalité dont il s'agit comme contenu.




10/05/1972

… Ou pire


    La psychanalyse, elle, est partie là-dedans en toute innocence. Bien entendu, c’est pas très gai ce qu’elle a rencontré d’abord. Il faut reconnaître qu’elle ne s’y est pas limitée, mais ce qui lui en reste et ce qu’elle a frayé d’abord d’exemplaire, c’est ce modèle d’amour en tant qu’il est donné par les soins donnés de la mère au fils, à ce qui s’inscrit encore dans le caractère chinois : hǎo ce qui veut dire le bien ou ce qui est bien. C’est rien d’autre que ça :  qui figure le fils Tseu  [ ] et ça [ ] qui veut dire la femme. À étendre ça, de la fille chérissant le père sénile et même à ce à quoi je fais allusion à la fin de ma " Subversion du sujet ", à savoir au mineur que sa femme frictionne avant qu’il la baise, c’est pas ça qui nous éclairera beaucoup le rapport sexuel ! sexualité



9/06/1972

Un homme et une femme


    Il n’y a qu’un père imaginaire, le père dit idéal, pour constituer l’agent de la privation, laquelle ne porte que sur des objets symboliques.

    C’est bien ce que toute culture qui le promeut, manifeste, comme le confucianisme en est l’exemple, où ne le représente que la tablette dont prendront soin ses descendants après que ses enfants se soient dévoués à sa vieillesse, dans une parfaite méconnaissance de ce qu’il en est de sa fonction phallique.

    Ce n’est pas dire que la loi le châtre. Elle fait pire : elle le typifie.



9/01/1973

Encore


    La lettre radicalement est effet de discours. Ce qu’il y a de bien, n’est-ce-pas, si vous me permettez, ce qu’il y a de bien dans ce que je raconte c’est que c’est toujours la même chose. C’est à savoir non pas bien sûr que je me répète, c’est pas là la question, c’est que ce que j’ai dit antérieurement, la première fois autant que je me souvienne que j’ai parlé de la lettre, j’étais comme ça, j’ai sorti ça je ne sais plus quand, maintenant je ne veux rechercher, je vous l’ai dit j’ai horreur de me relire, mais il doit bien y avoir quinze ans, quelque part à Ste Anne . J’ai essayé de faire remarquer cette petite chose que tout le monde connaît, bien sûr, que tout le monde connaît quand on lit un peu, ce qui n’arrive pas à tout le monde, qu’un nommé Sir Flanders Petrie  par exemple avait cru remarquer que les lettres de l’alphabet phénicien se trouvaient bien avant le temps de la Phénicie sur de menues poteries égyptiennes où elles servaient de marques de fabrique . Ce qui veut dire, ce qui veut dire simplement ceci que le marché, qui est typiquement un effet de discours, c’est là que d’abord est sortie la lettre, avant que quiconque ait songé à user des lettres pour faire quoi, quelque chose qui n’a rien à faire, qui n’a rien à faire avec la connotation du signifiant, mais qui l’élabore, qui le perfectionne.

    Il faudrait bien sûr prendre les choses au niveau de l’histoire de chaque langue parce qu’il est clair que la lettre chinoise, celle qui nous affole tellement que nous appelons ça, Dieu sait pourquoi, d’un nom différent de caractère, en cela la lettre chinoise, à savoir qu’il est manifeste qu’elle est sortie du discours chinois très ancien, d’une façon toute différente de la façon dont sont sorties nos lettres. À savoir qu’en somme, les lettres, les lettres qu’ici je sors, elles ont une valeur différente, différentes comme lettres parce qu’elles sortent du discours analytique, de ce qui peut sortir comme lettre par exemple de la théorie des ensembles, à savoir l’usage qu’on en fait, et qui pourtant, c’est là l’intérêt, n’est pas sans avoir le rapport, un certain rapport de convergence sur lequel j’aurai certainement, dans ce qui sera la suite, l’occasion d’apporter quelques développements : la lettre en tant qu’effet… n’importe quel effet de discours a ceci de bon qu’il fait de la lettre.


    Vous devez quand même vous rendre compte qu’il s’agit d’autre chose, qu’il s’agit de voir d’où on part. Eh bien référez-vous quand même, parce que c’est une bonne lecture, il faut que vous vous mettiez tout de même à lire un peu, un peu enfin des auteurs, je ne dirai pas de votre temps, bien sûr je ne vous dirai pas de lire Philippe Sollers, il est illisible, bien sûr comme moi, oui mais vous pouvez lire Joyce par exemple. Alors là vous verrez comment ça a commencé de se produire. Vous verrez que le langage se perfectionne et sait jouer, sait jouer avec l’écriture. Joyce, moi je veux bien que ça ne soit pas lisible. Ce n’est certainement pas traductible en chinois !



5/04/1973

Le Monde «Propos élucidés» par Bertrand Poirot-Delpech


    Et la science là-dedans ? Avant que Freud cerne l’idée d’inconscient, toute parole était prise pour argent comptant. Il s’agit désormais d’étendre la suspicion jusqu’à la notion de sujet – étymologiquement : ce qui est en dessous, rien de plus – et dont la caractéristique est justement de ne pas savoir. C’est ainsi qu’il a perdu, volontairement ou pas, l’usage d’un certain bon langage. Il lui suffit que la musique émise dise quelque chose à qui a de l’oreille.

    Pas très scientifique, direz-vous ? Il l’espère bien. On l’est toujours trop, d’une certaine façon, face à une réalité qui dément et défie les systèmes. De même, il redoute l’apparence de philosophie donnée par le seul verbe être, que les Chinois ont la chance de ne pas retrouver partout sur leur chemin comme nous. Au fond, ce qu’il voudrait esquisser, c’est une nouvelle logique. Non une logique qui mettrait de l’ordre dans le monde, mais qui tiendrait enfin compte de son désordre, de ce que l’inconscient a d’inclassable, d’indécent, de hasardeux, d’irrégulier, d’incomplet, d’indicible, et qui dirait l’impasse de la parole elle-même.



8/05/1973

Encore


    Le christianisme a rejeté tout ça à l’abjection considérée comme monde, c’est ainsi que ce n’est pas sans une affinité intime au problème du vrai que le christianisme subsiste. Qu’il soit la vraie religion comme il prétend n’est pas une prétention excessive et ce d’autant plus qu’à examiner le vrai de près, c’est ce qu’on peut en dire de pire. En particulier que dans ce registre, celui du vrai, quand on y entre on n’en sort plus. Pour minoriser la vérité comme elle le mérite il faut être entré dans le discours analytique. Ce que le discours analytique déloge met la vérité à sa place mais ne l’ébranle pas. Elle est réduite mais indispensable, tout est là et rien ne prévaudra contre cette consolidation, sauf ce qui subsiste des sagesses mais qui ne s’y sont pas affrontées. Le taoïsme par exemple ou d’autres doctrines de salut pour qui l’affaire n’est pas de vérité mais de voie comme le nom tao l’indique, de voie si elles parviennent à prolonger quelque chose qui y ressemble.

    […]

    Tout ça ne veut pas dire, mes petits amis, qu’il n’y ait pas eu des trucs de temps en temps, grâce auxquels la jouissance, sans compter quoi il ne saurait y avoir de sagesse, a pu se croire venue à cette fin de satisfaire la pensée de l’être, mais voilà j’ajoute cette fin n’a été satisfaite qu’au prix d’une castration. Dans le taoïsme par exemple, vous ne savez pas ce que c’est bien sûr, très peu le savent, enfin moi je l’ai pratiqué, j’ai pratiqué les textes bien sûr, dans le taoïsme et l’exemple est patent dans la pratique même du sexe, il faut retenir son foutre pour être bien. Le bouddhisme lui bien sûr est l’exemple trivial par son renoncement à la pensée elle-même parce que ce qu’il y a de mieux dans le bouddhisme, c’est le zen et le zen ça consiste à ça, à te répondre par un aboiement, mon petit ami. C’est ce qu’il y a de mieux quand on veut naturellement sortir de cette affaire infernale comme disait Freud.

    […]

    Je vous dis tout ça parce que justement je reviens des musées et que en somme la Contre-Réforme, Ah la Contre-Réforme, c’était revenir aux sources et que le baroque c’en est l’étalage, c’est la régulation de l’âme par la scopie corporelle. Il faudra qu’une fois, enfin je sais pas si j’aurai jamais le temps, parler de la musique dans les marges. Mais je parle seulement de ce qui se voit dans toutes les églises de Rome, tout ce qui s’accroche aux murs, tout ce qui croule, tout ce qui délice, tout ce qui délire, n’est-ce pas enfin ce que j’ai appelé tout à l’heure l’obscénité, mais exaltée.

    Je me demande d’abord pour quelqu’un qui viendrait comme ça du fin fond de la Chine, quel effet ça doit pouvoir lui faire, ce ruissellement de représentations de martyrs, et je dirais que ça se renverse ces représentations qui sont elles-mêmes martyrs, vous savez que martyr ça veut dire témoin, martyrs d’une souffrance plus ou moins pure, c’est notre peinture jusqu’à ce qu’on ait fait le vide en commençant sérieusement à s’occuper de petits carrés.



4/11/1973

Congrès de l'EFP


    Il est certain que ce qu’entraîne la catégorisation de ces discours comme tels est quelque chose qui n’a été possible qu’à (237) cause de l’entrée en jeu du discours analytique. S’il n’y avait pas le discours analytique, rien ne pourrait être confirmé de la diversité des trois autres. Il n’y a là que l’effet d’une émergence historique, c’est à savoir de ce qui, de par Freud, a émergé d’un lien nouveau, je dis nouveau en tant que c’est une émergence ; il est certain que ce n’est pour rien que Freud n’a pu trouver ce mode majeur d’articuler un certain nombre de choses que chez les présocratiques ; c’est un terme qui n’a en lui-même aucune valeur : les présocratiques, par définition, ne témoignent pas d’une école, d’une unité de pensée ; ils témoignent certainement, comme bien d’autres, comme d’autres traditions, comme la tradition taoïste par exemple, des premiers efforts de formulation des rapports de notre être avec ce dont nous sommes doués, à savoir le langage.



13/11/1973

Les non-dupes errent


    Mais ça doit [s'entendre], hein. En tout cas cette fonction imaginaire essentiellement du viator, doit nous mettre en garde contre toute métaphore qui procède de la voie. je sais bien que la voie, la voie dont il s'agit, le Taô, elle s'imagine être dans la structure. Mais est-ce bien sûr qu'il n'y ait qu'une Vole? Ou même que la notion de la voie, de la méthode, vaille quoi que ce soit ? Est-ce que ça ne serait pas en nous forgeant une toute autre éthique, une éthique qui se fonderait sur le refus d'être non-dupe, sur la façon d'être toujours plus fortement dupe de ce savoir, de cet inconscient qui, en fin de compte, est notre seul lot de savoir. je sais bien qu'il y a cette sacrée question de la vérité, hein.



20/11/1973

Les non-dupes errent


    Réfléchissez quand même un peu à ça, enfin, n'est-ce pas, qu'il y a que les esclaves qui jouissent. C'est leur fonction. Et c'est pour ça qu'on les isole, que même on n'a pas le moindre scrupule à transformer des hommes libres en esclaves, puisqu'en les faisant esclaves, on leur permet de ne plus se consacrer qu'à jouir. Les hommes libres, ils n'aspirent qu'à ça. Et comme ils sont altruistes, ils font des esclaves. C'est arrivé comme ça dans l'histoire, dans notre histoire à nous. Évidemment, il y avait des endroits où on était beaucoup plus civilisés : il n'y avait pas d'esclavage en Chine. Mais le résultat c'est que, malgré tout ce qu'on dit, ils ne sont pas arrivés à faire la science, hein. Maintenant, ils ont été touchés par un petit peu de Marx, alors ils se réveillent. Comme disait Napoléon : les réveillez pas, surtout! Maintenant, ils sont réveillés. Ils n'auront pas eu besoin de passer par le truc des esclaves. Ce qui prouve, quand même, qu'il y a des greffes, n'est-ce pas, que c'est pas le pire qu'on peut éviter. On peut éviter le meilleur. Et arriver quand même.



11/12/1973

Les non-dupes errent


    L'écriture, elle, ne se fait pas dans un espace moins spéculaire que les autres. C'est même le principe de ce très joli exercice qui s'appelle le palindrome. Il n'en reste pas moins que ce méli-mélo, là, que je viens de faire entre l'Imaginaire et le Symbolique, ne noie rien. Et ne noie pas notamment la différence qu'il y a entre l'Imaginaire et le Symbolique, c'est bel et bien la même chose, une fois imaginé, c'est notre notion commune de l'espace que... dont nous imaginons qu'il n'a pas de fin. Il faut lire là-dessus les jus de Leibniz discutant avec Newton : la prétendue supposition, enfin, d'une limite de l'espace, qu'elle deviendrait impensable, qu'il dit, Leibniz, parce que, s'il avait une limite, alors, en dehors de cette limite, alors, on pourrait... on pourrait avec un clou faire un petit trou dans sa limite... C'est absolument énorme ce qu'on peut lire, ce qu'on peut lire de l'imagination. Et notamment de ce fait que pour imaginer l'espace - car ce n'aurait pas été moins une imagination, mais peut-être une imagination qui aurait ouvert tout autre chose; on n'est pas parti de ceci que dans l'espace il y a des noeuds.

    Il y aurait sûrement avantage à ce qu'on... voie, si je puis dire, qu'Imaginaire et Symbolique ne sont que des modes d'abord; je les prends sous l'angle de l'espace. Pourquoi ces deux modes ne suffisent pas encore ? Mais enfin, je souligne au passage que le mot mode est à prendre au sens que ce terme a dans le couple de mots logique modale, c'est-à dire qu'il n'a de sens que dans le symbolique, autrement dit dans son articulation grammaticale.

    Quand vous approchez certaines langues - j'ai le sentiment que ce n'est pas faux de le dire de la langue chinoise - vous vous apercevez que, moins imaginaires que les nôtres, les langues indo-européennes, c'est sur le noeud qu'elles jouent. C'est pas un terrain où je vais m'aventurer aujourd'hui, parce que j'en ai assez à dire comme ça, mais peut-être... peut-être que je demanderai, je suggérerai à un Chinois de prendre les choses sous cet angle, et de venir vous dire ce que... ce qu'il en pense, si par hasard ce que je lui dis lui ouvre là-dessus la comprenoire, parce que il ne suffit pas d'être même habitant d'une langue pour avoir une idée de sa structure, surtout si comme c'est le cas forcément, puisque le Chinois supposé en question, je ne pourrai m'adresser à lui que si je lui parle dans ma langue, c'est-à-dire que, s'il me comprend, c'est que déjà au regard de la sienne, il est foutu.



1974

Télévision


    […] dommage que ce qui pour eux faisait sens (les taoïstes) soit pour nous sans portée, de laisser froide notre jouissance



30/03/1974

Alla Scuola Freudienne


    Mais, ce qu’on ne voit pas assez, n’est-ce pas, c’est pourquoi j’ai avancé ce nœud borroméen. C’est que le lien, le lien très important qui paraît être capital, entre le symbolique et le réel, c’est capital parce que c’est quand même avec l’appareil du symbolique que l’homme a fait descendre ce réel, ce réel céleste dont je parlais tout à l’heure, ce réel céleste d’où résulte, pourquoi pas, aussi bien cette bouteille de je ne sais pas quoi, de San Pellegrino, car c’est aussi la conséquence… la conséquence de notre science.

    C’est grâce à ça que nous ne pouvons pas… comme les taoïstes le conseillent… le conseillent à très juste titre… car à partir du moment où nous avons des bouteilles il faut que nous les payions, il faut qu’on les fabrique, il faut qu’il y ait des tas de gens qui en soient les victimes sanglantes, avant que ça nous parvienne,… (116) là dans un verre de je ne sais pas quoi… pliable… – cette bouteille de San Pellegrino serait totalement superflue s’il y avait des ruisseaux à notre portée, mais bien sûr il n’en est pas question dans Milan… nous n’aurions qu’à aller en prendre et boire avec le creux de la main… – c’est justement là que les taoïstes ont interdit même l’usage de la cuillère, enfin, ils l’ont interdit au nom de… au nom de la vie, tout simplement, n’est-ce pas : parce que cette bouteille de San Pellegrino est aussi mortelle que tout le reste, du seul fait qu’elle existe comme bouteille, c’est-à-dire comme un maniement du réel.

    […]

    Ça, n’en reste pas moins la valeur de vérité, très opératoire, dans ce savoir que nous construisons avec la logique – qui a au moins l’avantage de nous apporter (147) des… des meubles, à ceci près, que l’appartement, si nous en croyons le Tao, est toujours trop meublé.

Comme nous n’avons besoin de rien si ce n’est d’une coquille, au fond, je veux dire un petit abri parce que l’homme est porté à habiter, donc il habite… parce que je pense que même Lao-Tsé habitait une cabane près d’un ruisseau… il habitait à cause du fait que le corps ne fonctionne pas autrement. Mais ça ne l’empêchait pas de parler d’une façon très très sûre… Il n’avait pas eu besoin des progrès scientifiques modernes pour avertir que ce n’était pas dans ce sens-là qu’il fallait aller… et dans un langage admirable…



23/04/1974

Les non-dupes errent


    Parce que, pour prendre les choses, comme ça, au niveau d'où ça sort, c'est-à-dire le pot - c'est comme ça que c'est sorti, non pas bien sûr qu'ils savaient faire que ça, les Grecs, ils savaient faire des machins beaucoup plus compliqués, mais tout ça , ça sort du pot. Quand je pose la question : s'il y a du savoir dans le Réel, c'est précisément pour exclure de ce Réel ce qu'il en est du savoir de l'artisan. Non seulement le savoir de l'artisan ne cause pas, mais c'est exactement de cet ordre de savoir auquel l'artisan sert parce qu'un autre artisan lui a appris à faire comme ça.

    Et loin que le pot ait une fin, une forme, une efficacité et même une matière quelconque, le pot, c'est un mode de jouir. On lui a appris à jouir à faire des pots ! Et si on lui achète pas son pot et ça c'est le client qui l'a à sa jugeote - si on lui achète pas son pot, ben il en est pour sa jouissance, c'est-à-dire qu'il reste avec, et que ça ne va pas très loin. C'est un mode qu'il est essentiel de détacher de ce dont où s'agit quand je pose la question : s'il y a du sa voir dans le Réel.

    Il faudrait quand même seulement qu'il y en ait ici quelques-uns qui ont été, qui ont été, je sais pas, à l'Exposition des Fouilles chinoises archéologiques, qu'on appelait ça, des fouilles chinoises (p148->) qui étaient ce que, ce qu'avait trouvé de mieux à nous envoyer le pays de Mao. Là vous pouvez voir - à ce niveau-là parce qu'il y a des raisons pour que, dans cette, dans cette zone, enfin, on puisse encore voir les pots au moment de leur surgissement. Il est tout à fait clair que ces pots absolument saisissants, admirables, n'est-ce pas, ces pots du temps de l'apparition des mots, quand pour la première fois, on a fait des pots - on leur fout trois pieds, comme par hasard, mais c'est des pieds qui sont pas des pieds, des pieds qui se vissent, vous comprenez, c'est des pieds, des pieds qui sont là dans la continuité du pot. C'est des pots qui ont, qui ont qui ont des becs dont on peut dire que toute bouche est indigne à l'avance. C'est des pots qui sont eux-mêmes, dans leur avènement enfin des choses devant quoi on se prosterne.



17/12/1974

Allocution précédant le séminaire R.S.I. du 17 Décembre


Je parle ici de la débilité mentale des systèmes de pensée qui supposent (sans le dire, sauf aux temps bénits du Tao, voire de l’ancienne Égypte, où cela s’articule avec tout l’abêtissement nécessaire), qui suppose donc la métaphore du rapport sexuel, non ex-sistant sous aucune forme, sous celle de la copulation, particulièrement « grotesque » chez le parlêtre, qui est censée « représenter » le rapport que je dis ne pas ex-sister humainement.

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4/10/1975

Conférence à Genève sur le symptôme


    MME Y. – La différence entre le mot écrit et le mot parlé ? Vous avez l’air de penser quelque chose à ce sujet.

    DR J. L. – Il est certain qu’il y a là, en effet, une béance tout à fait frappante. Comment est-ce qu’il y a une orthographe ? C’est la chose la plus stupéfiante du monde, et qu’en plus ce soit manifestement par l’écrit que la parole fasse sa trouée, par l’écrit et uniquement par l’écrit, l’écrit de ce qu’on appelle les chiffres, parce qu’on ne veut pas parler des nombres. Il y a là quelque chose qui est de l’ordre de ce que l’on posait tout à l’heure comme question – de l’ordre de l’immanence. Le corps dans le signifiant fait trait, et trait qui est un Un. J’ai traduit le Einziger Zug que Freud énonce dans son écrit sur l’identification, par trait unaire. C’est autour du trait unaire que pivote toute la question de l’écrit. Que le hiéroglyphe soit égyptien ou chinois, c’est à cet égard la même chose. C’est toujours d’une configuration du trait qu’il s’agit. Ce n’est pas pour rien que la numération binaire ne s’écrit rien qu’avec des 1 et des 0. La question devrait se juger au niveau de – quelle est la sorte de jouissance qui se trouve dans le psychosomatique ? Si j’ai évoqué une métaphore comme celle du gelé, c’est bien parce qu’il y a certainement cette espèce de fixation. Ce n’est pas pour rien non plus que Freud emploie le terme de Fixierung – c’est parce que le corps se laisse aller à écrire quelque chose de l’ordre du nombre.



19/04/1977

L'insu que sait de l'une bévue s'aile à mourre


    La vérité réveille-t-elle où endort-elle ? Ça dépend du ton ou elle est dite. La poésie dite endort. Et j'en profite pour monter le truc qu'a cogité François CHENG, il s'appelle en réalité CHENG Tsi Cheng. Il a mis François, comme ça, histoire de se résorber dans notre culture, ce qui ne la pas empêché de maintenir très ferme ce qu'il dit, et ce qu'il dit, c'est L'écriture poétique chinoise. C'est paru au Seuil et j'aimerais bien que vous en preniez de la graine, que vous en preniez de la graine, si vous êtes psychanalyste, ce qui n'est pas le cas de tout le monde, ici. Si vous êtes psychanalystes, vous verrez que c'est le forçage par où un psychanalyste peut faire sonner autre chose, autre chose que le sens, car le sens c'est ce qui résonne à l'aide du signifiant, mais ce qui résonne , ça va pas loin, c'est plutôt mou. Le sens, ça tamponne, mais à l'aide de ce qu'on appelle l'écriture poétique, vous pouvez avoir la dimension de ce que pourrait être, de ce que pourrait être l'interprétation analytique. C'est tout à fait certain que, que l'écriture n'est pas ce par quoi la poésie, la résonance du corps, s'exprime. Il est quand même tout à fait frappant que les poètes chinois s'expriment par l'écriture, et que pour nous, ce qu'il faut, c'est que nous prenions la notion dans l'écriture chinoise de ce que c'est que la poésie. Non pas que toute la poésie, je parle de la notre spécialement, que toute poésie soit telle que nous puissions l'imaginer par l'écriture, par l'écriture poétique chinoise, mais peut-être y sentirez-vous quelque chose, quelque chose qui soit autre, autre que ce qui fait que les poètes chinois peuvent pas faire autrement que d'écrire. Il y a quelque chose qui donne le sentiment que ils n'en sont pas réduits là, c'est qu'ils chantonnent, c'est qu'ils modulent, c'est qu'il y a ce que François CHENG a énoncé devant moi, à savoir un contrepoint tonique, une modulation qui fait que ça se chantonne, car de la tonalité à la modulation, il y a un glissement.

 

Années 70

À ce sujet       

voir le commentaire

de Guy Sizaret


et mon article

Du chinois aux nœuds


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