E. Saad Tobis - Deviner l’inconscient
E. Saad Tobis, Deviner l’Inconscient, édition bilingue français – castillan, castellano – francés, Glose préliminaire: J. Zentner ; Postface: P. S. Naud. Barcelone – Paris 2009, Editions Punto ; 148 pages, illustré.

Il existe un lien temporel entre les anciens Grecs et Chinois, mais on constate également un parallélisme d'intentions. En cette période du ~ve siècle, en Occident comme en Orient, une volonté de se distancier des origines divinatoires et magiques s’affirme pour faire place à la philosophie naissante, préambule à toute la connaissance psychologique ultérieure. Nous observons néanmoins que cette intuition divinatoire, utilisée avant que la philosophie n’existe, continue à imprégner les techniques psychologiques, et en particulier, psychanalytiques. En fait, mise à part la dose de philosophie nécessaire à l’intelligibilité des cas, le recours aux ressources de la perspicacité et de la déduction est toujours essentiel pour appréhender l’humain dans sa complexité. Le nouveau livre d’E. Saad Tobis Deviner l’Inconscient résume la manière dont la sagesse chinoise parée du Yi Jing, le Livre des Changements, et compénétrée des mathématiques, de la linguistique et de l'éthique prônée par Confucius, fait face à l'oracle de Delphes et au positionnement d'un Socrate. Ce livre retrace la manière dont ces deux piliers de la culture sont convoqués - directement ou indirectement - dans l'auscultation de l’Inconscient à des fins thérapeutiques. Il rapproche des connaissances qui semblent évidentes, mais dont les liens sont pourtant insuffisamment expliqués. Ce cheminement aboutit à un aspect de la destinée de l'analyse en Occident, qui pourrait bien devenir une forme d’arbitrage pour faire évoluer la sagesse héritée jusqu'à présent de la tradition - toutes origines confondues. Dans sa modernité, l'art de deviner consiste principalement à organiser stratégiquement l'information, avant qu'elle devienne la substance de l'interprétation et du diagnostic au sein de la cure.


La revue Sciences Humaines de mars 2009 

Un entretien avec Anne Cheng : 
Ce texte reprend les arguments qu'elle a développés lors de sa leçon inaugurale au Collège de France
            Essentiel !

Sinologue et historienne des idées, Anne Cheng pourfend les innombrables préjugés sur la pensée chinoise. Dans un constant va-et-vient entre passé et présent, elle refuse les discours rebattus sur l’altérité
La sinologue Anne Cheng fait le pont entre deux mondes. Fille de parents chinois, d’une artiste peintre et du célèbre académicien François Cheng, elle naît dans une France marquée par la sortie du colonialisme et la perte de l’Indochine. Pas facile d’être d’origine asiatique dans une société teintée de ressentiment et parfois de racisme. Surtout, sa vie est marquée par un drame alors qu’elle n’est encore qu’une enfant : la séparation avec sa mère qui rentre en Chine au moment où débute la révolution culturelle. Le pays du Grand Timonier se referme et se coupe du monde. Pendant une dizaine d’années, elle reste sans nouvelles de sa mère, ne sachant quel est son sort dans une Chine sens dessus dessous. Et quand, jeune adulte, elle la retrouve, c’est pour à nouveau la perdre, définitivement cette fois.
Autant dire que le rapport d’A. Cheng avec la Chine n’est guère placé sous le signe de l’harmonie du retour aux sources…
L'article est téléchargeable sur le site de la revue, par ici, au prix de 2 €
La leçon inaugurale de Anne Cheng au Collège de France peut être visionnée par ici.

La revue ESPRIT de février 2009 

Un article essentiel de Frédéric Keck : 
« Une querelle sinologique et ses implications. À propos du Contre François Jullien de Jean-François Billeter »

Que peut nous apprendre une querelle en apparence spécialisée sur la traduction de la culture chinoise ? Cette patiente analyse d’une controverse intellectuelle contemporaine permet de mieux comprendre l’enjeu, pour la philosophie occidentale, de la confrontation à la pensée chinois. Mais, surtout, l’auteur plaide pour intégrer l’approche anthropologique au sein de ce débat, de manière à surmonter les dilemmes du relatif et de l’universel.
On peut retrouver le texte à partir duquel a été écrit cet article, sur ce site.

Mais aussi un dossier « De la charte 77 à la charte 08 »


Monde chinois n°14 - été 2008

Ce numéro est consacré à Hu Jie & ses films

        Le numéro est vendu avec, en DVD, le film Ne pleurez pas sur mon cadavre…
                      Le sous-titre du film est : « Histoire du deuxième meurtre de la Révolution culturelle, le 5 août 1996 »
                      L’ensemble de ce numéro de la revue s’articule à ce film
                                            dont une partie intitulée : « Rétro-maoïsme ou post-maoïsme »

        À propos de ce film voir par ici

                                                                       On peut acquérir la revue auprès des Éditions Choiseul


Philippe Porret - La Chine de la psychanalyse

Pour le visiteur familier de ce site, l’intérêt de ce livre est considérable. Il y retrouvera de nombreuses références, questions, propos qui remplissent ce site. L’auteur se présente comme « psychanalyste et écrivain », ce qui n’est aucunement démenti par la pertinence et le style de cet ouvrage de référence. Il suffit de considérer la multiplicité des sources qui sont l’objet de remerciements en introduction à ce livre, pour être assuré qu’il s’agit là d’une somme. De ne pas me retrouver cité dans cette liste (après une collaboration qui a été pour moi des plus fructueuses) ne serait dû, selon l’auteur, qu’à une erreur de l’éditeur. Avant d’avoir eu ce livre en main, j’ai pu solliciter l’auteur au nom des lecteurs de ce site :
                                                                         l’auteur répond à nos questions sur ce site par ici

Pascale Hassoun présente le livre dans la revue Che Vuoi ? et nous propose son texte par ici
Michel Guibal s’adresse à Philippe Porret  par ici


Revue des deux mondes - juillet-août 2008

Deux articles qui peuvent intéresser tous ceux qui regardent du côté de la Chine :

        Romain Grazziani : « Corps olympique et corps taoïste »
                      le titre est explicite
        Rémi Mathieu : « Des livres dans les tombes » 
                        les révélations apportées par les textes trouvés par les archéologues 
                        qui remettent en cause les idées ancrées dans les siècles de tradition et d’exégèse lettrés


Cheng Anne (sous la direction de) - La pensée en Chine aujourd'hui
Paris, Éd. Gallimard, Coll. Folio, 2007, ISBN-13: 978-2070336500

Un mythe concernant la Chine hante les élites et les intellectuels : les Chinois penseraient différemment des Occidentaux, affichant une radicale altérité. Dans l'Europe des Lumières s'est construite, puis figée, l'image d'une Chine dotée d'une écriture idéographique, soumise à une tradition despotique et isolée du reste du monde pendant des siècles, ce qui expliquerait son immobilisme philosophique, politique et scientifique dont l'Occident serait opportunément venu la tirer, avant d'en découvrir à son tour la sagesse. Cette vision du monde exerce en retour une influence considérable sur la façon dont les élites chinoises ont envisagé leur propre culture, dénigrée du fait de son supposé retard, puis aujourd'hui exaltée par le régime en place comme une identité nationale spécifique. Il a donc paru opportun d'offrir aux lecteurs un état des lieux, inédit et pionnier, de ce qu'est aujourd'hui la pensée en Chine. Ce travail collectif de spécialistes européens et chinois a pour souci premier et constant de fournir une information précise, critique et contextualisée sur quatre grands thèmes : les dynamiques de la modernité chinoise; l'invention des catégories modernes (philosophie, religion, médecine); les questions d'identité (écriture, langue, histoire); l'introuvable altérité, enfin.


Graziani Romain : Fictions philosophiques de Tchouang-tseu
Éd. Gallimard | Paris | 2006 | 330 p., isbn 2070779963 

Ce livre est un essai général sur un auteur tenu par la plupart pour le plus grand philosophe et prosateur chinois, Tchouang-tseu (356-286 avant notre ère), dont l'oeuvre homonyme, le Tchouang-seu, se situe à l'origine du taoïsme philosophique et religieux. Les thèses audacieuses de Tchouang-tseu, ses vertigineuses leçons métaphysiques, son ironie noire contre toute forme d'autorité s'épanouissent sous la forme de dialogues, fables et historiettes souvent déroutantes, que Romain Graziani traduit, commente et interprète en en dégageant les enjeux, avec le souci constant de tirer, sinon des leçons, du moins un éclairage transversal sur notre condition actuelle. Le lecteur y trouvera une introduction à l'une des formes de pensée les plus radicales qu'ait produites la Chine, aux antipodes de l'humanisme confucéen, de sa sagesse grise et de sa religion hypocrite de la bonté.

Jullien François : De l’universel, de l’uniforme, du commun et du dialogue entre les cultures
Éd. Fayard, Paris, 2008, 146 p., isbn-10 : 978-2-213-63529-3

Y a-t-il des valeurs universelles ? Où situer le commun entre les hommes ? Comment concevoir le dialogue entre les cultures ? Pour y répondre, il nous faut suivre l'avènement du politique à partir du commun ; en même temps que remonter dans l'histoire composite de notre notion d'universel : à travers l'invention du concept, la citoyenneté romaine ou la neutralisation de tous les clivages dans le salut chrétien.
Mais il conviendra également d'interroger les autres cultures : la quête de l'universel n'est-elle pas la préoccupation singulière de la seule Europe ? Il est temps, en effet, de sortir à la fois de l'universalisme facile et du relativisme paresseux : notamment, de requalifier, mais par leur versant négatif, un absolu des droits de l'homme ; de repenser le dialogue des cultures en termes non d'identité et de différence, mais d'écart et de fécondité en même temps que sur le plan commun de l'intelligible ; d'envisager ainsi ces cultures comme autant de ressources à explorer, mais que l'uniformisation du monde aujourd'hui menace.
Car seul ce pluriel des cultures permettra de substituer au mythe arrêté de l'Homme le déploiement infini de l'humain, tel qu'il se promeut et se réfléchit entre elles.

Jullien François : Chemin faisant : Connaitre la Chine, relancer la philosophie  - Réplique à ***
Éd. du Seuil | Paris | 2007 | 146 p., isbn-10 : 2020926415
La Chine est ailleurs, est-elle " autre " ? Cet ailleurs de la Chine se constate dans la langue comme dans l'Histoire. Quant à l'altérité, elle est à construire patiemment en nouant le dialogue entre deux civilisations, la chinoise et l'européenne, qui se sont développées si longtemps sans contact entre elles. C'est à ce travail que se livre François Jullien, essai après essai, ou chemin faisant, sans postuler d'altérité ni d'identité de principe. A la fois pour fournir des concepts à la connaissance de la Chine et relancer la philosophie en l'interrogeant du dehors chinois. A l'occasion de cette Réplique, François Jullien récapitule le chemin parcouru, ou sa " méthode ", et les résultats acquis. Il montre du même coup comment, à partir du dévisagement réciproque des cultures, ouvrir la voie d'un auto-réfléchissement de l'humain qui nous délivre de l'humanisme mou et de sa pensée faible. 

        Concernant les échanges Jullien / Billeter, je vous invite à lire cette discussion 
                        sur le blog de Pierre Haski, « Cinq ans en Chine »


Levy Jean : Les Œuvres de Maître Tchouang

Éd. de l’Enyclopédie des Nuisances | Paris | 2006 | 330 p., isbn 2910386244 

Cette traduction de l'un des trois grands textes fondateurs de la philosophie taoïste comprend l'ensemble des 33 chapitres du «Tchouang-tseu», avec les "chapitres intérieurs", les "chapitres extérieurs" et les "chapitres divers".


Mallovic Dorian, Huo Datong : La Chine sur le divan
Éd. Plon, Paris, 2008, isbn 2259207901

Quand le premier psychanalyste chinois analyse son pays : un décryptage inédit de la Chine d’aujourd’hui.
Sexualité, prostitution, drogue, concubines, chirurgie esthétique, corruption, esclavage d’ouvriers et d’enfants, divorces…la société chinoise implose. Décomplexés, les Chinois veulent tout expérimenter sans retenue, se moquent des interdits (en apparence) prennent des risques dans une nouvelle quête vers …quel bonheur ? 
Que se passe-t-il vraiment dans la tête de ce milliard de Chinois ? 
Pour comprendre, Dorian Malovic a décidé d’allonger la Chine sur le divan du psychanalyste chinois Huo Datong, le premier et le seul aujourd’hui en Chine à consulter. 
Enfant de Mao et du marxisme, ancien garde rouge, Huo Datong a découvert la psychanalyse en France pendant ses études : un choc, une révélation qu’il lui fallait partager de retour dans son pays. Il nous guide ainsi dans les méandres de l’inconscient des « Fils de l’empereur jaune » et le compare avec notre propre inconscient d’Occidentaux, mettant en lumière ce qui nous sépare et ce qui relève de l’universel. 
La Chine sur le divan porte un regard totalement décalé et inédit sur tous les aspects de la société chi-noise à travers l’oeil candide et l’esprit cultivé d’un psychanalyste chinois, un « maître », un « lettré » du XXIème siècle.


Lévy André : Mencius

Lire la présentation faite sur le remarquable blog « Littérature chinoise & traduction » :

[…] on ne résistera pas à la réédition en poche du Mencius qu'avait publié en 2003 aux Editions You-Feng, André Lévy. Un format plus compact - 293 pages contre 212 au départ -, pour un livre qui ne perd rien de son premier jet, pas même ses caractères chinois qui agrémentent les 20 pages d'une érudite introduction, les nombreuses notes de bas de pages, les deux appendices [la biographie du penseur dans le Shiji 史記 et l'évocation du dévouement de sa mère dans le Lienüzhuan 列女傳], le glossaire des « mots clés du Mencius » et la bonne bibliographie finale. Avec quelques coquilles en moins, c'est un Mencius nerveux et direct qu'on prendra plaisir à comparer si l'on veut avec celui de Couvreur [en ligne ici] dont les Editions des Mille et une nuits avaient, voici quatre ans déjà, tiré plusieurs chapitres (I, II et IV) pour composer un petit volume intitulé De l'utilité d'être bon (n° 445, 2004, 79 pages).


Tenenbaum Lucien : Écrire, parler, soigner en chinois

Édition You Feng, Paris, 2008

Je vous propose ci-dessous la quatrième de couverture pour présenter cette seconde édition (entièrement revue et augmentée) de ce livre paru en 2001 :
Pourquoi le point d'acupuncture s'écrit-il avec deux caractères, 穴位 dont l'un signifie la caverne et l'autre la position sociale ? Pourquoi le caractère soigner 醫 s'écrit-il avec une flèche, une main tremblante, une jarre ? Pourquoi deux caractères très proches, 真 et 貞, se prononcent-ils de la même façon - zhen- quitte à être confondus dans les transcriptions, alors qu'ils disent l'un la vérité et l'autre la loyauté ? Y a-t-il difficulté à distinguer une parole vraie d'une parole loyale ?
Questions, comme on le voit, dont la réponse intéresse autant le praticien d'une des nombreuses disciplines relevant de l'énergétique chinoise que toute personne intéressée, par curiosité ou par nécessité, à comprendre le monde chinois.
Questions auxquelles l'auteur s'attache à apporter des éléments de réponse en croisant les données de la tradition, de l'archéologie et de la linguistique. Dans cette deuxième édition, entièrement revue et enrichie de nouvelles analyses, il élargit la place du graphisme et de l'image et développe les références à sa propre expérience professionnelle de psychothérapeute.
Lucien Tenenbaum a publié deux ouvrages sur la psychothérapie : La bascule des mal-aimés et La psychothérapie un savoir étrange (Éditions du Souffle d'Or).



Revue ChinePlus : Freud s’invite chez Mao

Dans le dernier numéro (n°4) de cette revue trimestrielle, on trouve un article sur la « psychologie » dans la Chine d’aujourd’hui. Dans cette article, il est fait une large mention de Huo Datong. Cet extrait peut être consulté par ici


Revue essaim n°20 - 2008/1 : un article qui complète l’article présent sur ce site par ici

Léo Dubal, Yuan Xiaoxue - EN CHINOIS DANS LE RÊVE

Comme exemples de rêve-présage idéographique, nous avons revu et complété la sélection d’anciens rêves chinois, traduits par G. Soulié de Morant et annotés par Marie Bonaparte, publiée dans « Les rêves étudiés par les Chinois » (Revue française de psychanalyse, n˚ 4,1927). Ces rêves sont consignés dans le « Yùxiájì » (Mémoires du Coffret de Jade), compilation commencée par Xu Zhen (né en 239) et augmentée à diverses reprises. L’intérêt particulier de la langue chinoise est d’offrir, aux rêveurs, non seulement la possibilité de jouer sur les mots, mais encore avec les graphèmes qui constituent les idéogrammes. Ce jeu onirique ne doit pas être confondu avec l’étymologie des sinogrammes.


Revue essaim n°19 - 2007/2 : deux articles remarquables

Rainier Lanselle  - QUELLE PLACE POUR L’ANALYSTE DANS LA MODERNITÉ CHINOISE  ?

La réception de la psychanalyse dans la Chine d’aujourd’hui est ambiguë : mais d’une ambiguïté qui touche à ses fondements mêmes. Se fait-elle au gré d’une mise en place d’un possible discours de l’analyste, avec ce qu’il suppose de déplacement de la position subjective, ou comme pièce supplémentaire à un tableau syncrétique fatalement animé par de tout autres positions discursives ? Ce syncrétisme pose traditionnellement, en Chine, la double question de la recherche de l’efficace et d’une possible revendication d’une spécificité culturelle, laquelle pourrait être invoquée pour faire exception. Les publications chinoises traitant en Chine du thème de la psychanalyse, notamment lacanienne, textes inaccessibles aux analystes étrangers en raison de la barrière de la langue, donnent des indices, que ce soit par leur contenu ou par leur manière d’être publiés, sur la question de la place de l’analyste en Chine : et il s’agit bien là d’une question de discours qui, ès qualités, nous intéresse tous en tant qu’analystes.


Nils Gascuel  - LA LETTRE AU CHINOIS

En chinois les formes orales renvoient à des « caractères » graphiques qui représentent la totalité du signe linguistique. Autant dire que les signifiants s’y ancrent dans la lettre. D’où l’intérêt de Lacan pour une écriture qui, quoique arbitraire au sens de Saussure, garde quand même une proximité au corps et à l’objet inconnue parmi les langues alphabétiques. Freud déjà avait associé l’aspect brut et ambigu du chinois au facteur figuratif dans le travail du rêve. Aujourd’hui une troisième raison de s’intéresser à la lettre chinoise apparaît si l’on se demande comment la psychanalyse de retour en Chine après une longue absence peut écouter des sujets porteurs d’une langue à maints égards défigurée.


Revue essaim n°17: un article remarquable de Rainier Lanselle
La pierre et le jade - Sur un mythe chinois du langage 
Le plus grand de tous les romans chinois de l'âge classique le Rêve du pavillon rouge (Honglou meng), est entièrement organisé autour d'une figure centrale, qui est à la fois son point de capiton et son énigme originelle : la pierre, le jade. Nous étudions cette métaphore du jade en prenant en compte la manière dont Cao Xueqin (1715 ?-1763), l'auteur, lui donne littéralement corps. Le jade y montre l'articulation entre la langue du sujet, en tant que message qu'il lui faut à la fois assumer et subir, et l'inscription, dans tous les sens du terme, qui résulte pour lui du fait d'être, précisément, sujet de la langue. Le récit individuel du sujet est si peu à lui, que quand le sujet existe au monde, au temps présent, on peut dire qu'en quelque sorte, tout en a déjà été inscrit. Le jade est si précisément la métaphore de ce paradoxe qu'il eût mérité au Rêve du pavillon rouge de conserver jusqu'à nos jours ce qui, en fait, avait été le vrai titre, beaucoup plus seyant car beaucoup plus opaque, qu'avait voulu son auteur : L'histoire de la pierre (Shitou ji).

Revue Le cercle freudien : La langue, comment ça va ?

       La langue, en deça du langage et, bien sûr, de la parole, va de l’universel au singulier, du réel au symbolique. Elle inclut les diverses langues autant que la singularité du parler propre à chacun. Mais la « langue mère », la matrice unique reste à l’état de mythe. Langue graphique prise en Chine aux écailles de tortue, langue secrète du corps dans les arcanes du geste et du symptôme  — autant de traces qui se décalent à peine du réel pour émerger à la surface du sens et engendrer des symboles que de longues traditions véhiculent.
Une langue est toujours en effervescence, en bouillonnement sous l’effet des plongeurs qui vont y chercher des trésors perdus et en reviennent avec des mots nouveaux. Reste à inscrire la langue dans le transfert afin d’aider le sujet à agir non seulement sur lui-même, mais sur la réalité. Le sujet entre alors en possession d’une langue qui, à la fois, lui permet de communiquer avec le monde et d’être relié à son inconscient singulier. Alors la langue, comment ça va ?
Le Cercle Freudien propose cette question à un linguiste, un philosophe, un sinologue et à des psychanalystes.

Avec, en particulier, des articles de :
        Patrick Belamich : Pour moi, c’est du chinois !
        Rainier Lanselle : Écriture ou langue graphique ? 
        Michel Guibal : A.N.G.

Pour commander ce volume, il vous suffit d'adresser un chèque de 25 euros  (frais de port inclus) avec vos coordonnées à: 
Patrick Belamich - 30 rue Letellier, 75015 Paris


Revue Outre-Terre - Puissance Chine ?
Vient de paraître le nouveau numéro de la revue  Outre-Terre N°15 - 2006/2 dont le thème est « Puissance Chine ? »
On y trouvera deux entretiens consacrés à « Psychanalyse et géopolitique »
- l’un avec Yann Diener :         « La Chine: un nouvel horizon pour Freud et Lacan ? »
- l’autre avec Michel Guibal :   « La Chine à la découverte de la psychanalyse pour une pratique interactive »
On peut télécharger ces deux articles sur le site Cairn

Revue Psychanalyse  2007/3 - Varia : un article de Rainier Lanselle

 L’HOMME DE BIEN NE SORT PAS DE SA PLACE »
Langue, discours et constitution des savoirs dans la Chine classique (Xe-XIXe siècle)
• Le lettré, le « sage », le maître impérial
• Le bouclage du savoir
• Rejet du religieux et nouvelle-écriture-à-l’ancienne
• Les concours mandarinaux comme scène du désir de désir
• « Dans ses réflexions, l’homme de bien ne sort pas de sa place »
• Un réel sans commentaire
• La question de la langue vulgaire
Conclusion : un discours de l’hystérique 

Cet article peut désormais être téléchargé sur le site du distributeur CAIRN pour 4 € ; c’est  par ici   



Revue Riss n°67 - 2007-3 - CHINA UND PSYCHOANALYSE

Notre ami Peter Widmer a assuré la traduction et la diffusion d’un certain nombre d’articles publiés sur ce site dans la célèbre revue psychanalytique en allemand RISS. 
Voici le sommaire de cette édition entièrement consacrée à la Chine et la psychanalyse :

    Peter Widmer - Einleitung
    Huo Datong, Qin Wei und Zhang Jinyan - China : Von Nulle aus gehen
    Rainier Lanselle - Schrift oder graphische Sprache ?
    Guy Flecher - Mehr-China
    Huo Datong - Das Unbewusste ist wie die chinesische Sprache strukturiert
    Georges Soulié de Morant - Die von Chinesen studierten Träume
    Dany Nobus - Jenseits des Rebus-Prinzips ? Psychoanalyse und chinesische Traum-Interpretation
    Rainier Lanselle - Das chinesische Subjekt im Anspruch der Psychoanalyse
    Peter Widmer - Chinesische Zeichen als Körperbilder
    Buchbesprechung - Jacques Lacan : Von einem Diskurs, der nicht scheinhaft wäre

On peut commander cette revue à l’adresse postale suivante : RISS, Therwilerstrasse 7, CH-4054 Basel
ou à l’adresse e-mail de l’éditeur : info@turia.at
 


Œdipe en Chine - un film documentaire de Baudouin Koenig

Présentation par ici


Transfert - un film documentaire de Henri Iselin - disponible en DVD
Le réalisateur de ce film, historien de formation, présente ainsi son film :
« […] L’intrusion de la psychanalyse contribue également à écrire l’un des chapitres de l’histoire tourmentée d’une psychiatrie chinoise, qui, au gré des pouvoirs en place, a été instrumentalisée ou vouée aux gémonies. Le pouvoir va-t’il tolérer une discipline qui, si elle n’est pas révolutionnaire n’en est pas moins subversive, et pose en définitive la question de la liberté de parole ? J’ai rencontré les acteurs de cette épopée de part et d'autre de la grande muraille. C’est le résultat de ces entretiens que j’ai essayé de transmettre par le biais de mon documentaire, en espérant contribuer à une meilleure connaissance mutuelle. »
Vous trouverez tous les renseignements complémentaires sur ce film
                                            et comment acheter le DVD sur le site  www.lesproductionsenexil.ch



Littérature chinoise & traduction
Le département de chinois de l’Université de Provence propose ce blog :
« À l'université de Provence, notre équipe de recherche "Littérature chinoise et traduction" travaille sur la littérature chinoise dans son ensemble, sans faire de séparation entre la littérature classique, moderne ou contemporaine. A partir du moment où un texte littéraire écrit en chinois existe, il nous intéresse. Nous essayons de comprendre pourquoi il a été écrit, par qui, dans quel contexte. Ensuite, que tel ou tel auteur plaise davantage qu'un autre reste une affaire personnelle du lecteur. Ce qui est certain, c'est que la littérature de langue chinoise (écrite en Chine continentale, à Taiwan, Hong Kong, Macao ou partout ailleurs dans le monde) est bien vivante. Elle contient un certain nombre de chef-d'oeuvres qui seront accessibles au public non sinophone grâce aux traducteurs, de plus en plus nombreux, du chinois. »
        Pour en savoir plus, bienvenue sur le blog : jelct.blogspot.com










http://www.scienceshumaines.com/index.php?lg=fr&id_article=23541http://www.college-de-france.fr/default/EN/all/his_int/lecon_inuagurale_du_12_decembr.jspKeck_01.htmlRegard_01.htmlhttp://www.choiseul-editions.com/Num_Revues.php?idNum=147&pg_aff=0&artParPage=6Porret_Ph_1.htmlHassoun_01.htmlCh_Retour_Guibal08aa.htmlhttp://www.arenes.fr/cinqansenchine/index.php?2006/10/10/33-les-miroirs-de-francois-jullien#c9302http://www.arenes.fr/cinqansenchine/http://jelct.blogspot.com/http://classiques.uqac.ca/classiques/chine_ancienne/B_livres_canoniques_Petits_Kings/B_12_les_4_livres_IV/meng_tzeu.htmlhttp://classiques.uqac.ca/classiques/chine_ancienne/B_livres_canoniques_Petits_Kings/B_12_les_4_livres_IV/meng_tzeu.htmlCh_C_ChinePlus1.htmlF_Morant.htmlhttp://www.cairn.info/revue.php?ID_REVUE=OUTEhttp://www.cairn.info/resume.php?ID_REVUE=PSY&ID_NUMPUBLIE=PSY_010&ID_ARTICLE=PSY_010_0107mailto:info@turia.atActCineOedipe.htmlhttp://www.lesproductionsenexil.chhttp://jelct.blogspot.com/shapeimage_1_link_0shapeimage_1_link_1shapeimage_1_link_2shapeimage_1_link_3shapeimage_1_link_4shapeimage_1_link_5shapeimage_1_link_6shapeimage_1_link_7shapeimage_1_link_8shapeimage_1_link_9shapeimage_1_link_10shapeimage_1_link_11shapeimage_1_link_12shapeimage_1_link_13shapeimage_1_link_14shapeimage_1_link_15shapeimage_1_link_16shapeimage_1_link_17shapeimage_1_link_18shapeimage_1_link_19shapeimage_1_link_20

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