Séminaire de l’École lacanienne de psychanalyse
2008
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- L’Œdipe erre…
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- O.K. !
Laurent Cornaz
Séminaire de l’École lacanienne de psychanalyse
2008
- L’Œdipe erre…
- O.K. !
Laurent Cornaz
Présentation de l’année :
Dates : mardis 22 janvier, 19 février, 18 mars, 22 avril, 20 mai et 17 juin 2008
de 20 h 30 à 22 h 30.
Lieu : 29, rue Madame, 75006 Paris,
Contact : elp@ecole-lacanienne.net
Argumentaire :
Je me suis aperçu que ce qui constituait mon cheminement
était de l’ordre du je n’en veux rien savoir.
Jacques Lacan (12 décembre 1972)
L’année dernière, nous interrogions, via quelques xiao shuo — contes ou romans dans lesquels les lettrés chinois masquaient la fine pointe de leur désir —, l’impasse où le conduit le soin que le Sage prend de soi : non reconnu, il ne peut vivre. Nous nous demandions en fait, sur le mode de l’indirecte, le sort que réserve la psychanalyse à une telle impasse. Ne se voit-il pas bientôt emporté par son transfert, celui qui, par souci de soi, s’est adressé à un psychanalyste ? L’impasse à laquelle il se trouve confronté aura quelque chance alors de lui apparaître pour ce qu’elle est : celle d’un indubitable amour. Si l’analyse est un exercice de l’esprit, l’esprit qui l’anime n’est pas celui d’une sagesse, concluions-nous ; d’Éros plutôt, qui de tout bois fait symptôme, et qui d’un mot fait mouche. Un tel exercice, érotologique, nécessairement secret le temps de son effectuation, fait-il lien social ?
La revoilà, l’impasse du lettré chinois : sans l’empereur — le dit père — sa sagesse ne fait pas lien social ! Moderne Qu Yuan, Lacan, trahi, rejeté, n’aura pas fait entendre sa plainte, mais une Proposition sur le psychanalyste de l’École. Partageant le champ freudien en « psychanalyse en intension » et « psychanalyse en extension », il nomma « passe » l’effectuation du nouage de ces deux versants de l’analyse. Qu’est-ce à dire ? La procédure qu’il proposa aura, en fin de compte, localisé le problème ; elle ne l’aura, de son propre aveu, pas résolu.
Que devient cette réponse restée en carafe, ce nœud pas fait, si je dis du savoir psychanalytique qu’il relève, comme celui du Sage (du philosophe antique, aussi bien), d’un souci de soi plutôt que d’une volonté de savoir ? Mais que l’exercice que propose un psychanalyste est un prendre soin de soi adressé au sujet de la science ? Trouve-t-on trace, chez Lacan, d’un tel propos, d’une telle proposition faisant de la science expérience spirituelle de notre temps ? Voilà ce que je mets à notre examen cette année ; je vous propose de repérer quelques lieux où il me semble chercher à désintriquer ce qui, chez Freud, restait intriqué : Wissentrieb (pulsion à savoir) et désir de l’analyste. Le chinois en est un, et le bouddhisme, mais aussi le judaïsme, mais encore ce que Freud appelle okkulten Tatsachen, les faits occultes.
De Freud à Lacan, un même souci de soi ? À voir…